Sur la forme je ne crois pas que la grève de la faim soit une action politique responsable dans un pays comme le notre et qui plus est par un élu de la République. Un Maire est élu pour administrer sa commune et défendre son territoire dans le cadre institutionnel de la Loi. Le chantage à la compassion de Stéphane Gatignon qui joue sur le registre de l'émotionnel est inacceptable. Sa réussite est une porte ouverte à toutes les dérives car le message donné par le parlement est alors : élus et citoyens, la menace fonctionne alors ne vous privez pas !

Sur le fond je suis là aussi partagé. Bien entendu je soutien l'effort de péréquation entre les villes dites riches et celles pauvres. Le budget de la commune sera d'ailleurs ponctionné de plus de 350 000 euros l'année prochaine (1 millions d'euros en 2016!) dans le cadre de cet effort de solidarité (je suis par contre assez critique sur les critères qui permettent de juger de la richesse ou de la pauvreté d'une commune).

Je souhaite par contre qu'on fasse la distinction entre les villes bien gérées et celles qui ne le sont pas. Je ne veux pas de chèque en blanc pour des communes qui, si elles sont structurellement en difficulté, sont mal gérées.

En l’occurrence le rapport de la Cours Régionale des Compte sur la gestion de Monsieur Gatignon est particulièrement sévère :

- "Des charges de fonctionnement importantes et non maîtrisées". La Cour relève notamment qu'en 2010, le budget primitif prévoyait que les dépenses de personnel "augmentent de 6,8 %, malgré une baisse des recettes fiscales directes de 4,4 %.". Elle est aussi très critique sur les procédures de recrutement.

- Un Contrat Urbain de cohésion social qui ne s'adosse pas à un "vrai diagnostic" et qui a eu pour effet de"plus dispensé des crédits que de mettre en oeuvre une politique de résorption des écarts". En matière de rénovation urbaine "l’édifice de pilotage est irrégulier et place la rénovation urbaine dans un vide juridique". La Cour conclue : "Le volet social de la politique de la ville : un projet trop vaste, sans réel pilotage et sans évaluation pertinente".

- Une intercommunalité qui n’a pas "suscité jusqu’ici une véritable péréquation financière"

- Les "nombreuses irrégularités portant aussi bien sur la procédure de passation que sur l’exécution des marchés" déjà constaté par la Cours sont toujours d'actualité malgré les "engagements de l’ordonnateur". besoins mal évalués, procédures irrégulières, contrats annulés. La Cour pointe un projet de Partenariat Public Privé illégal, annulé par la justice, ayant pour conséquence une indemnisation par la Ville du partenaire privé et qui plus est "sans se conformer au cadre dégagé par la jurisprudence" et donc sans "suffisamment faire valoir ses intérêts".

- Retenue de factures des fournisseurs permettant d'améliorer artificiellement la trésorerie au détriment des prestataires de la Ville.

Je demande donc qu'un critère de bonne gestion soit imposée pour que nous responsabilisions les élus à qui les communes dites "riches" verseront des fonds.