Le texte de la loi du 31 décembre 1970 "relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et la répression du trafic et de l'usage illicite de substances vénéneuses" est régulièrement critiqué pour les sanctions "disproportionnées" qu'il propose. Les peines maximales sont rarement appliquées et une certaine tolérance s'applique aux consommateurs. D'où l'idée d'une contraventionalisation maintes fois reportée.

Si certains pays européens ont dépénalisé des produits stupéfiants tels que le cannabis, je n'y suis pour ma part pas favorable. Autoriser la consommation, ou à tout le moins ne pas la condamner, lèverait un interdit et constituerait un signal d'impunité envers les consommateurs d'un produit néfaste pour la santé. Cela pourrait même induire l'idée d'inciter officiellement le trafic de ces produits en aboutissant à une situation ubuesque avec d'un côté des consommateurs autorisés à détenir du cannabis et de l'autre des trafiquants et revendeurs hors la loi qui fournissent la marchandise car il est peu probable que les consommateurs cultivent eux-mêmes leur propre récolte.

Quand à la légalisation, l'idée que des enfants et adolescents considèrent dans quelques années l'achat -la drogue étant disponible au coin de la rue- et l'usage de produits stupéfiants comme banaux m'apparait inacceptable. L'exemple de la consommation d'alcool et de tabac, avec tous les excès observés et leurs effets sur la santé, doit nous conduire à la plus grande prudence afin de ne pas ouvrir une nouvelle boite de pandore.