Le 1er mai, François Hollande était à Nevers pour rendre hommage à Pierre Bérégovoy, présenté comme un “ancien ouvrier et syndicaliste devenu ministre des Finances”. Or, quelques semaines plus tôt, ce même François Hollande vilipendait au Bourget la “finance sans visage”, promettant plus tard de “libérer la France des marchés financiers”.

Mais il semble qu’il ait fait l’impasse sur un détail : c’est M. Bérégovoy qui a mis en place en 1985 les fameuses OAT (Obligations Assimilables au Trésor). Il s’agit de produits financiers émis par le Trésor français destinés à vendre une partie de la dette publique sur les marchés financiers, en particulier américains (selon le souhait de M. Bérégovoy lui-même). Sans ces produits financiers, la France n’aurait jamais pu hausser sa dette aussi vertigineusement (elle est passée de 21% à 55% du PIB entre 1981 et 1995). Alors soit M. Hollande méconnait l’économie, soit il fait preuve une nouvelle fois d’une hypocrisie qui confine à l’imposture. Ou plus probablement les deux à la fois. Quoi qu’il en soit, ses propos frustres sur la finance ne servent pas la mémoire de Pierre Bérégovoy.

Stephan Silvestre