Cette prime : - sera exonérée de charges sociales jusqu’à un plafond de 1200 euros - elle supportera seulement le forfait social et la CSG, à l’instar de la participation ; - sera renvoyée à la négociation d’entreprise : ce sont donc les partenaires sociaux qui fixeront son montant ou sa nature (versement direct, rallonge d’intéressement ou de participation…)

Potentiellement, elle peut concerner jusqu’à 8,8 millions de salariés, soit près de 56 % des salariés du secteur privé. Toutefois, seulement 16,5 % des PME, 30,6 % des entreprises de taille intermédiaires et 41% des grandes entreprises versent effectivement des dividendes. Si la mesure s’appliquait cette année, 24 sociétés du CAC 40 seraient concernées au titre de l’augmentation de leurs dividendes, la prime profiterait à 773 000 bénéficiaires (soit la moitié de la main d’œuvre du CAC).

Ce débat sur le partage de la valeur ne date pas d’hier : en 2009, le gouvernement avait demandé aux partenaires sociaux d’être force de proposition pour aboutir à un partage plus juste de la valeur dans l’entreprise : en deux ans, le patronat n’a pas bougé, et les syndicats n’ont pas fait preuve de beaucoup de volonté pour faire avancer le dossier. C’est pourquoi le gouvernement reprend la main aujourd’hui ! Un projet de loi qui devrait prendre la forme d’un projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificative, sera déposé sur le bureau des assemblées avant l’été. D’ici là, les négociations sont ouvertes avec les partenaires sociaux.

A l’heure où la croissance revient (+2% en 2011 selon l’OCDE, et 3ème mois consécutif de baisse du chômage en mars, ( 42 000 chômeurs en moins depuis janvier), il faut capitaliser sur ce regain pour poser les règles d’un nouveau partenariat entre l’entreprise et ses salariés : le partage des fruits de la réussite des entreprises par une répartition la plus juste.

Un point sur le pouvoir d'achat

Nous assumons le fait de ne pas avoir pu être pleinement au rendez-vous du pouvoir d’achat depuis 2008 parce que notre pays, comme tous les autres, a été frappé par la plus importante crise financière, économique et sociale depuis la crise de 1929 ! Et du coup, la relative déception des Français sur ce sujet est assez légitime.

Simplement, cela ne doit pas conduire à oublier la crise que nous avons traversée et les conditions dans laquelle nous l’avons traversée, ni à croire aux promesses folles du PS (allocation d’autonomie pour les jeunes à 12 mds€ par an etc.) ou du FN (sortie de l’euro) !

N’oublions pas que grâce à la réactivité du Président et aux mesures que nous avons prises, la France s’en est plutôt mieux sortie de la crise que d’autres. Dans le monde, des millions de personnes ont vu disparaître les fruits du travail de toute une vie, d’autres ont dû abandonner leur maison ou leur appartement qu’ils ne pouvaient plus payer : - En Espagne : taux chômage multiplié par 2,5 ! (de 8% à plus de 20%) - Etats-Unis : des millions de familles se retrouvent sans toit ! 4 millions de biens immobiliers (1 maison sur 45) ont fait l’objet d’une saisie par les banques en 2010. - Irlande : baisse de plus de 12% du salaire horaire! - Royaume-Uni : suppression de 500 000 postes de fonctionnaires (1 sur 12 !), suppression des allocations familiales pour les classes moyennes, gel des aides aux personnes handicapées… - Grèce : baisse de 15% du niveau des pensions de retraite et suppression des 13ème et 14ème mois pour les fonctionnaires - Portugal : baisse de 20 % du revenu minimum d'insertion.

A la lumière de ce benchmark, nous devons prendre conscience du fait que la gestion de crise exemplaire menée par Nicolas Sarkozy a protégé le pouvoir d’achat des Français ! Car pendant la crise, le combat du pouvoir d’achat a tout sauf été abandonné. Les Français les plus fragiles ont d’ailleurs été protégés : - plus de 5 millions de foyers ont bénéficié d’une réduction d’Impôt sur le revenu. - depuis 2008, les allocations familiales sont revalorisées en fonction de l’inflation, (+1,5 Md €) - le minimum vieillesse est en hausse de 25% sur 5 ans - notre système de retraite par répartition a été sauvé sans baisser le niveau des pensions - la durée de travail nécessaire pour bénéficier de l’allocation chômage a été abaissée à 4 mois (contre 6 auparavant). - l’Allocation Adulte Handicapé est en augmentation de 25% sur 5 ans etc.

D’ailleurs, l’étude récente de l’INSEE sur les revenus des ménages montre que la France est moins inégalitaire que les autres pays européens et que le pouvoir d’achat y augmente plus vite : - le taux de pauvreté (13%) est stable depuis 2001 ! (contre 17% dans l’UE) - les inégalités se sont certes creusées avec la crise (le revenu des Français les plus modestes a environ progressé au rythme de l’inflation, contre +11% pour les Français les 10% les plus aisés) mais restent stables sur le long terme (en 1996 les écarts de revenus entre les 10% les plus riches et les plus pauvres étaient de 3,5 contre 3,4 en 2008) - le pouvoir d’achat des Français a progressé de 1,9% par an en moyenne entre 1998 et 2008. C’est plus qu’en Allemagne (0,9%) ou qu’en Italie (0,4%).