Le Conseil régional d'Ile-de-France a commencé à examiner lundi 15 décembre son projet de budget pour 2009, en hausse de 4,2% à 4,54 milliards d'euros, destiné selon son président PS Jean-Paul Huchon à faire face au ralentissement économique.

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Voilà 10 ans que la première région française, l’Ile-de-France, est dirigée par un exécutif de gauche. Alors même que les impôts n'ont pas cessé d'augmenter, la région a perdu petit à petit de vue ses compétences premières.

On voit que la région n'a pas été en mesure de porter des politiques fortes depuis 1976. Malgré tous les contrats de plan, pas un seul projet véritablement structurant n'est sorti en matière de transports ou de logement :

Explosion des impôts régionaux Après les augmentations de 24 % en 2005 et 30 % des impôts régionaux en 2006, la gauche poursuit le matraquage fiscal en 2007, en augmentant de 11 % la taxe régionale sur l’essence (TIPP) et en prélevant 80 M€ supplémentaires sur les automobilistes franciliens. Avec les augmentations à répétition en 2005 et en 2006 du taux de la taxe professionnelle, ce sont 150 millions d’euros supplémentaires qui vont être prélevés chaque année sur les entreprises. Depuis 2004, l’Ile-de-France fait figure de mauvais élève en matière de hausse fiscale parmi les autres régions françaises dirigées par les socialistes.

Les automobilistes franciliens, bêtes noires de l’exécutif En 2007, l’exécutif a choisi d’augmenter la taxe sur l’essence de 80 M€. On peut évaluer ce nouvel impôt à 75 € par an pour un automobiliste qui effectue un plein de carburant par semaine. Cette mesure injuste qui touche 5 millions de Franciliens s’ajoute à la baisse des crédits routiers de 64 % et à l’augmentation de la taxe sur les cartes grises de 59 % depuis 2004.

Des transports en mauvaise voie Officiellement, le président de la région a fait des transports en commun sa priorité. La réalité est bien différente ! Entre 1998 et 2008, les crédits destinés à l’investissement pour les transports en commun n’ont cessé de diminuer. Pire, alors que le budget régional a doublé, les crédits relatifs aux transports ont baissé de 67 millions d’euros.

L'emploi L’accumulation de plus de 30 dispositifs d’aides aux entreprises n’a pas pallié l’absence criante de stratégie de développement économique pour l’Ile-de-France. Ces derniers ne font l’objet d’aucun suivi, ni d’aucune évaluation. On assiste à un saupoudrage des aides et des gaspillages.

Formation Actuellement on estime que la création ou l’extension de 18 lycées est nécessaire en Ile-de-France, ainsi que la création de 9 internats. Or, le budget régional prévoit des crédits à peine suffisants pour la construction de 2 lycées ou 3 ou 4 internats.

Et à côté de ces manquements, la région a pourtant financé :

- 65 000 € pour que soit présenté dans les quartiers de Santiago un spectacle proposant « un voyage dans l’historique du mouvement Hip Hop, de ses repères, de sa gestuelle, depuis les années 70 aux Etats-Unis »

- 25 000 € pour un programme d’étude des mécanismes du déclin du moineau domestique.

- 10 000 € pour financer un projet de recherche sur « les plantes médicinales et les savoirs ancestraux au Chili »

80 000 € pour le festival « off » des musiques nomades organisé dans les moughathas de Nouakchott.

Et pendant ce temps là, en Ile-de-France, les transports sont saturés, le chômage et la pollution augmentent. Quelle est la réponse ? Nous attendons avec impatience les élections régionales de 2010, afin de pouvoir présenter un projet ambitieux pour notre région.